La Barbe à Maman, c’est une compagnie de théâtre de marionnettes qui raconte des histoires sur les minorisé·e·s et qui détricote, avec poésie, humour et réflexion, les normes pesant sur nos peaux d’humain·e·s.

Donner la parole aux invisibles, à celles et à ceux que l’on force à terre, que l’on évite, que l’on isole, que l’on désigne étranges, qui marchent de travers, qui pensent autrement, qui restent autour-de-et-jamais-au-centre: la Barbe à Maman, c’est côtoyer avec gourmandise celles et ceux qui cheminent loin des sentiers battus.

Année de naissance : 2017 / Pseudo : la bàm

© photo : Dilo

La Barbe à Maman est en compagnonnage avec le Théâtre aux Mains Nues.

POURQUOI LA MARIONNETTE ?

De l’ambiguïté conférée par son statut d’être animé/inanimé, la marionnette nous paraît concilier la réponse plastique et dramatique la plus pertinente à notre envie artistique d’interroger le monde: ouvrir le champ de l’imaginaire; mettre à distance; jouer de l’inquiétante étrangeté propre à la marionnette; «représenter la part inhumaine de l’homme et mettre en lumière ce qui fonde sa possible humanité».

Nous souhaitons que la marionnette libère les attendus vocaux et corporels et nous engage dans une physicalité où le déséquilibre serait de rigueur: envisager le corps de l’instrumentiste-manipulateur aussi comme un corps-performeur et dépasser la simple incarnation. La trans/dé/formation corporelle possible suscitée par la marionnette nous entraîne vers un chemin plus périlleux, mais jalonné de trésors d’inventivité et de poésie. Avec la marionnette, il s’agit pour nous de trouver une autre manière de se mouvoir et, une autre manière de dire.

L’écriture est un levier pour raconter différemment. Raconter différemment les bruits du monde. C’est pourquoi nous privilégions l’écriture contemporaine qui nous semble la plus à même de répondre à cette attente et d’interroger les thèmes qui nous inspirent. Car si la marionnette est une convention, elle permet néanmoins à l’écriture d’être transgressive, de s’emparer du réel pour le tordre et le faire surgir de manière détournée: provoquer l’écho, laisser les mots résonner, diluer plutôt qu’imposer… alors, l’inattendu peut créer l’émotion.